Communiqué de presse 01/12/2025
L’Union professionnelle de traducteurs et interprètes jurés (UPTIJ) dénonce de nouveaux retards de paiement dans le chef du SPF Justice
Depuis un mois et comme l’année dernière presque jour pour jour, la totalité de l’enveloppe réservée aux frais de justice est vide. Par conséquent, plus aucun·e traductrice, traducteur ou interprète juré·e n’est payé·e.
Dans certains arrondissements judiciaires, ce retard de paiement s’élève à plusieurs mois. Certains de nos membres font état d’un arriéré de paiement de plus d’un mois allant jusqu’à 20.000 euros. Les traducteurs et interprètes juré·es sont de petit·es indépendant·es. De tels montants ont un impact catastrophique sur leur budget : dans l’impossibilité de régler leurs factures, certain·es de nos membres se retrouvent dans une situation de surendettement directement due à l’incapacité des pouvoirs publics de payer leurs propres créances. Ces membres se voient alors contraint·es de contracter des emprunts, tandis que le SPF Justice ne paie pas d’intérêts moratoires.
Malgré nos multiples prises de contact, le SPF Justice et le cabinet de la ministre de la Justice se sont abstenus de toute communication à ce sujet.
Par conséquent, l’Union professionnelle des traducteurs et interprètes jurés dénonce fermement :
- le manque d’anticipation de la part des pouvoirs publics face à ce budget qui était en train de s’épuiser : en voyant l’enveloppe s’amenuiser petit à petit, la ministre avait la responsabilité de combler le manque de moyens plus que prévisible, et ce, de manière anticipée ;
- l’absence de communication vis-à-vis des traducteurs, traductrices et interprètes juré·es concernant cet arrêt soudain des paiements : informer les prestataires est primordial pour que nous puissions tenter de prendre les dispositions nécessaires éventuelles ;
- l’absence de réponse quant à la date de reprise des paiements : nous ne savons toujours pas pendant combien de temps nos comptes en banque resteront vides.
L’UPTIJ réclame :
- la reprise des paiements dans les plus brefs délais ;
- une communication transparente à l’égard des traducteurs et interprètes jurés ;
- une gestion proactive des frais de justice tout au long de la législature pour éviter toute situation similaire à l’avenir.
Nous rappelons que le travail des traducteurs, traductrices et interprètes juré·es garantit le respect de l’intégrité des procédures et la garantie d’un procès équitable. Nous sommes des maillons dont la justice ne peut se passer dans un État de droit.
Toutefois, nous ne pouvons exclure des actions spontanées de la part de nos membres si les paiements ne reprennent pas dans les plus brefs délais. Nous montrerons solidaires de telles actions le cas échéant.
Contact : Sophie Hennuy, chargée de communication - 0472 87 10 14 - contact@uptij.be